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    Une population en détresse dans le bassin du Lac Tchad

    Une population en détresse dans le bassin du Lac Tchad

    Vendredi, 24 février 2017. Une crise humanitaire affecte près de 10 millions de personnes dans certaines régions du Nigeria, du Niger, du Tchad et du Cameroun dans le bassin du Lac Tchad. Depuis 2014, cette région est devenue le théâtre d’une série d’attentats suicides et de violents affrontements entre les forces militaires et le groupe Boko Haram. Cette spirale de violence affecte les civils forcés de fuir. Dans ces régions dévastées par le conflit, l’insécurité alimentaire et la pauvreté, l’organisation médicale humanitaire ALIMA (The Alliance For International Medical Action) apporte des soins médicaux et nutritionnels à la population vulnérable.
    NIGERIA


    Maiduguri


    Dans le nord-Est du Nigéria, à Maiduguri, plus d’un million de déplacés internes vivent avec la communauté d’accueil et dans des camps.


    En août 2016, ALIMA a ouvert une clinique, non loin du camp informel de Muna, afin de répondre aux besoins des enfants de moins de cinq ans. Les équipes y offrent des soins médicaux ainsi que le dépistage et le traitement de la malnutrition.


    Depuis janvier, ALIMA a enregistré près de 3400 consultations, admis près de 900 enfants souffrant de malnutrition sévère et référés 24 enfants nécessitant des soins d’urgence dans un centre de traitement nutritionnel intensif.


    Depuis décembre 2016, 3800 mères ont été formées au dépistage de la malnutrition chez leur enfant afin qu’elles détectent la maladie pour réagir rapidement et éviter une hospitalisation.


    « Le bracelet MUAC est un outil simple et important dans les situations de conflit », a déclaré Matthew Cleary, Directeur Général d’ALIMA. « La bande colorée qui mesure la circonférence du bras d’un enfant permet aux mères de surveiller elles-mêmes l’état nutritionnel de leurs enfants dans les zones où l’accès aux soins est difficile ».


    La clinique dispose désormais d’un service offrant des soins de maternité et des conseils de planning familial. « La majorité des décès se produisent dans les 24 heures qui suivent l’accouchement, c’est pourquoi il est essentiel d’accompagner les mères ».


    Monguno


    A Monguno, au nord-est, dans l’Etat du Borno, quelques 150 000 personnes se sont installées dans une douzaine de camps de fortune. « Les familles qui arrivent sont épuisées et sont complètement démunies. Elles ont besoin d’abris, d’eau et de nourriture », décrit Mathieu Kinde, responsable de projet pour ALIMA au Nigéria.


    ALIMA offre des soins de santé primaires et prend en charge les enfants souffrant de malnutrition. Entre janvier et février 2017, les équipes d’ALIMA ont effectué plus de 5000 consultations et soigné 1110 enfants sévèrement malnutris. Depuis décembre, ALIMA a commencé à fournir des soins intensifs aux enfants souffrant de malnutrition au Mother and Child Health Center.


    Dans le programme nutritionnel d’ALIMA, 8% des enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère (MAS) et 24% présentent des signes de malnutrition modérée. « Nous poursuivons les efforts de dépistage car les taux de malnutrition restent encore aujourd’hui plus élevés que le seuil d’urgence », poursuit Mathieu Kinde.

     

    CAMEROUN


    Selon le Haut-Commissariat des Réfugiés (HCR), on compte près de 87.000 réfugiés et 174.000 personnes déplacées internes dans l’extrême Nord du Cameroun. La majorité des déplacés vivent dispersés dans des communautés d’accueil situées dans des zones qui reçoivent peu d’aide humanitaire.


    Makary


    Près de 35.000 personnes déplacées vivent le district sanitaire de Makary où peu de structures médicales sont fonctionnelles. A mesure que le nombre de réfugiés et déplacés augmente, la pression en termes de réponse humanitaire se fait croissante pour améliorer l’accès aux soins dans cette région. « Le conflit affecte la population locale déjà fragilisée par l’insécurité alimentaire », ajoute Dr Ali Ouattara, Directeur adjoint des opérations pour ALIMA.


    Depuis décembre 2016, ALIMA soutient neuf centres de santé dans les environs de Makary et fournit également des soins pédiatriques et nutritionnels aux populations déplacées et résidentes dans ce district sanitaire.


    Les enfants de moins de cinq ans sont soignés à l’hôpital de district de Makary, où les équipes procurent également des soins de santé primaires. Environ 2100 consultations et 240 admissions en pédiatrie ont été enregistrées depuis janvier 2017. « Nous traitons de nombreux enfants souffrant d’infections respiratoires qui arrivent en détresse respiratoire sévère », s’inquiète Dr Ali Ouattara.


    Mokolo


    Depuis mai 2016, ALIMA soutient l’Hôpital de district de Mokolo situé à une vingtaine de kilomètres de la frontière nigériane. L’Hôpital de district de Mokolo est équipé d’un centre nutritionnel de soins intensifs où sont soignés en urgence les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère. Un service pédiatrique offre une prise en charge hospitalière gratuite aux enfants de moins de 5 ans.


    Cette structure revêt une importance primordiale car il constitue l’hôpital de référence pour près de 60.000 réfugiés nigérians vivant dans le camp de Minawao, situé à une dizaine de kilomètres. Les équipes y ont enregistré près de 550 hospitalisations depuis janvier 2017.







    Photos : Fati Abubakar / ALIMA

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