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    Trois ans plus tard, les survivants d'Ebola ont encore besoin de soutien en Guinée

    Trois ans plus tard, les survivants d'Ebola ont encore besoin de soutien en Guinée

    2017-03-21 Ebola Guinée
    N’ZEREKORE / DAKAR, le 17 mars 2017. Trois ans après la déclaration de l’épidémie d’Ebola en Guinée par le Ministère de la santé, beaucoup de survivants continuent de souffrir de problèmes de santé physique et mentale. L’organisation médicale humanitaire ALIMA (The Alliance For International Medical Action) appelle les acteurs à renforcer l’aide médicale et le soutien psycho-social aux survivants d’Ebola et à leur famille.

    « Beaucoup de survivants ont encore de nombreux problèmes de santé », déclare Dr Ivonne Loua, responsable du programme de soins des patients guéris pour ALIMA en Guinée. « Il est important que les survivants et leurs familles aient accès à des soins de santé de qualité parce que beaucoup sont incapables de travailler et ne peuvent plus payer leur traitement. »


    En Guinée, on dénombre plus de 1110 patients guéris du virus Ebola. Sur la base d’entretiens menés avec 114 survivants à N’Zérékoré en février 2017, ALIMA estime qu’environ 35 % souffrent encore de dépression et que 41% présentent des symptômes associés à l’état de stress post-traumatique (ESPT). Ils souffrent également de divers problèmes de santé physique tels que les douleurs articulaires, les maux de tête et la fatigue chronique. 


    «Mes pieds ne fonctionnent plus bien», décrit Amadou, 41 ans, guéri d’Ebola en décembre 2014. «J’ai des maux de tête tout le temps, je fais de terribles cauchemars et je dois prendre des médicaments pour dormir. » 


    Dans la région forestière du sud-est de la Guinée, où le premier cas d’Ebola est apparu en décembre 2013, ALIMA fournit un soutien psycho-social et des soins médicaux gratuits à 114 survivants originaires de la ville de N’zérékoré et des villages avoisinants. 


    « Ils sont traumatisés suite au choc important qu’ils ont vécu et surmonté», explique Dr Davin Mpaka, neuropsychiatre pour ALIMA à N’zérékoré. «Ils ont vu tant de morts. Beaucoup ont l’impression qu’ils n’ont rien d’autre à gagner de la vie, mais ils n’ont personne à qui en parler.» 


    Des problèmes physiques, tels que les maux d’estomac et l’hypertension artérielle, pourraient être le résultat de problèmes psychologiques sous-jacents. Dans certains cas, la stigmatisation peut également engendrer des troubles psychologiques. 


    Bien que des efforts importants ont été réalisés par les autorités guinéennes et d’autres acteurs, près de 45 % des survivants de la région de N’zérékoré disent qu’ils éprouvent toujours une certaine forme de stigmatisation. Pendant le pic de l’épidémie, 90% des patients ont été stigmatisés. 


    «Nous devons continuer à sensibiliser les communautés pour réduire la stigmatisation à zéro», explique Dr Loua. «Il est également nécessaire de fournir des soins médicaux ainsi que des soins de santé mentale aux survivants et à leur famille.»


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    ALIMA (The Alliance For International Medical Action) est une organisation médicale humanitaire créée en 2009. Elle fournit une assistance aux populations affectées par des crises telles que les épidémies, les conflits ou les catastrophes naturelles. 

    ALIMA a commencé à soigner des patients atteints du virus Ebola à partir d’octobre 2014. Elle a ouvert un centre de traitement Ebola (CTE) de 40 lits et a soutenu l’hôpital régional de N’Zérékoré durant cette période. Les équipes ont également mené des campagnes de sensibilisation sur la maladie et les mesures de prévention et d’hygiène. 

    Plus de 160 patients ont été admis au CTE entre décembre 2014 et mars 2016. Les derniers patients sont sortis guéris du centre en avril 2016. 

    ALIMA est aujourd’hui la seule organisation médicale internationale offrant des soins gratuits et un soutien psycho-social à 114 patients guéris du virus à N’Zérékoré.

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