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    Pic de malnutrition observé à N'Djamena

    Pic de malnutrition observé à N'Djamena

    2017-08-16 Tchad Malnutrition
    N'Djamena/Dakar, 16 août 2017. Avec le début de la période de soudure, ALIMA (The Alliance For International Medical Action) et son partenaire tchadien Alerte Santé constatent une augmentation du nombre d’admissions au sein de leurs programmes nutritionnels développés à N'Djamena.


    Près de 700 enfants malnutris admis chaque semaine


    Les quatre centres nutritionnels ambulatoires situés dans les zones périphériques de la capitale soutenus par l’organisation médicale ALIMA enregistrent près de 600 admissions par semaine.


    Non loin, un va-et-vient incessant d’ambulances agite l’hôpital Amitié Tchad-Chine. Depuis le mois de mai, les services de soins intensifs et de l’unité de nutrition cet hôpital de référence de la capitale tchadienne sont surchargés avec un taux d’occupation plus de 200%. Chaque semaine, ce sont en moyenne près de 95 enfants âgés entre 6 et 59 mois qui sont hospitalisés en urgence dans l’unité nutritionnelle intensive de l’hôpital.


    Tout au long de la journée, les équipes médicales s’affairent autour des nombreux enfants malnutris. « Près de la moitié des enfants admis à l’hôpital souffrent de diarrhée », explique Rachid Yacoubi, chef de mission pour ALIMA. La diarrhée est en effet l’une des grandes causes de malnutrition chez l’enfant de moins de 5 ans.


    Un manque criant de lits


    Pour faire face à cet afflux, ALIMA et l’organisation tchadienne Alerte Santé ont installé deux unités nutritionnelles intensives, mettant ainsi à disposition près de 110 lits pour accueillir les malades dans la capitale.


    « Nous avons augmenté le nombre de matelas pour faire face à l’afflux mais notre réponse n’est pas à la hauteur des besoins. Si nous voulons garantir des soins de qualité nous devons impérativement augmenter les moyens », explique Rachid Yacoubi.


    Les équipes médicales travaillent sans relâche pour fournir les meilleurs soins possibles aux enfants malades. « Il existe de nombreux centres ambulatoires qui détectent la malnutrition aiguë mais la capacité hospitalière pour la prise en charge des enfants malnutris avec des complications reste encore insuffisante », poursuit Rachid Yacoubi.


    Des solutions durables


    Chaque année, le Tchad est affecté par un pic de malnutrition infantile à la fin de la période de soudure, entre mai et août, au moment où les dernières réserves des récoltes sont épuisées dans les villages. L’insécurité alimentaire pousse de nombreuses familles à s’exiler à N’djaména pour trouver de nouveaux moyens de subsistances. Elles se retrouvent souvent confrontées à la crise économique et sont contraintes de vivre dans des quartiers précaires où les services d’assainissement sont inexistants ou défaillants.


    Pour mieux se préparer à l’urgence et réduire le nombre d’hospitalisations, ALIMA et Alerte Santé apprennent aux mamans à reconnaître les symptômes de la malnutrition. Depuis le début de l’année, près de 3900 mères ont été formées à l’utilisation du bracelet MUAC- un outil simple qui permet de diagnostiquer l’état nutritionnel d’un enfant.


    L’organisation médicale a également formé près de 40 professionnels de la santé aux pratiques de prise en charge de la malnutrition sévère.


    « La malnutrition est un problème de santé publique, c’est pourquoi nous travaillons main dans la main avec les autorités sanitaires et les familles pour prévenir la maladie et réduire les besoins en soins hospitaliers dans des zones où les structures de santé font face à un manque chronique de personnels formés et de matériel médical », conclut Rachid Yacoubi.



    The Alliance For International Medical Action (ALIMA) est une organisation médicale humanitaire qui travaille main dans la main avec un réseau d'organisations médicales locales pour fournir des soins médicaux de qualité aux personnes les plus vulnérables lors de situations d'urgence et de crises récurrentes. ALIMA et ses partenaires effectuent des recherches de pointe pour améliorer la médecine humanitaire.


    Basée à Dakar, au Sénégal, ALIMA a traité plus de 2 millions de patients dans 12 pays depuis sa création en 2009 et a lancé 10 projets de recherche axés sur la malnutrition, le paludisme, et le virus Ebola.



    Photo : Xaume Olleros / ALIMA
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