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    Augmentation rapide des cas de fièvre de Lassa au Nigeria

    Augmentation rapide des cas de fièvre de Lassa au Nigeria

    DAKAR, 8 février 2018. L’ONG médicale ALIMA (The Alliance for International Medical Action) a débuté mi-janvier 2018 dans le sud du Nigéria une réponse d’urgence à une épidémie de fièvre de Lassa, une fièvre virale hémorragique aiguë. ALIMA travaille auprès du Nigeria’s Centre for Disease Control (NCDC), et des autorités sanitaires fédérales et étatiques.
    « La priorité d’ALIMA est d’aider les autorités sanitaires à protéger et former les personnels hospitaliers, améliorer la gestion des cas et faciliter les actions dans la communauté pour contrôler la transmission de la maladie,” déclare Guillaume Le Duc, coordinateur Lassa pour ALIMA. « L’objectif est de détecter les cas rapidement, et d’augmenter les chances de survie pour ceux qui ont été infectés. »


    Selon le NCDC, 449 cas suspects de fièvre de Lassa ont été reportés dans 17 états depuis le 1er janvier. Parmi eux, à la date du 4 février, 132 cas ont été confirmés, et 40 personnes, dont 3 soignants, sont décédées. Le nombre actuel de cas suspects est deux fois plus élevé que la moyenne annuelle de cas recensés lors des années précédentes.


    La réponse d’urgence d’ALIMA


    Pour soutenir la réponse du gouvernement, une équipe d’urgence d’ALIMA, composée d’un épidémiologiste, de médecins, de logisticiens et d’un coordinateur, est actuellement sur le terrain au centre médical fédéral d’Owo dans l’état d’Ondo et à l’hôpital universitaire spécialiste d’Irrua dans l’état d’Edo. L’équipe aide à la prise en charge des patients, à la détection active des cas, aux diagnostics en laboratoire, au triage des patients, aux campagnes de sensibilisation, et au renforcement des mesures de contrôle et prévention des infections parmi les travailleurs de santé.


    ALIMA soutient la réhabilitation d’un centre de traitement de 38 lits dans l’état d’Owo afin d’améliorer la capacité de traitement, et augmente également la capacité de prise en charge à l’hôpital universitaire spécialiste d’Irrua. ALIMA appuie également les efforts du gouvernement nigérian en fournissant les hôpitaux et les cliniques en matériel afin d’assurer les standards d’hygiène de base, et aide à la gestion des déchets. ALIMA fournit des équipements de protection individuelle, des thermomètres à thermoflash, et 3,500 doses de Ribavirine, le traitement recommandé.


    Le besoin de recherche sur la fièvre de Lassa


    « La fièvre de Lassa est une maladie tropicale très négligée et nous devons regarder au-delà de cette urgence pour lancer des initiatives de recherche, » raconte Pr. Denis Malvy, professeur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm unité 1219). « C’est pourquoi ALIMA et l’Inserm ont créé une alliance de recherche : nous avons besoin de répondre aux besoins immédiats et en même temps d’appuyer les efforts de recherche sur le plus long terme. Nos objectifs seraient de mieux comprendre les dynamiques de la maladie, de développer un test de détection, d’évaluer le potentiel des candidats vaccins, et d’améliorer les outils thérapeutiques disponibles pour les cliniciens en ligne de front. »


    Grâce au financement de la fondation ELMA et du Start Fund, ALIMA continuera à soutenir le Nigeria’s Centre for Disease Control au moins jusqu’au 1er Mars 2018 et à maintenir un contact rapproché avec les autorités sanitaires locales afin d’aider à stopper la propagation de l’épidémie.




    ALIMA


    The Alliance for International Medical Action (ALIMA) est une organisation médicale humanitaire qui travaille main dans la main avec un réseau d’organisation locales pour fournir des soins de qualité aux populations les plus vulnérables dans des situations d’urgences ou des crises récurrentes. Basée à Dakar, au Sénégal, ALIMA a soigné plus de 2 millions de patients dans 12 pays depuis sa création en 2009, et lancé plus d’une douzaine de projets de recherche sur la malnutrition, le paludisme et Ebola. ALIMA bénéficie d’une expérience dans la réponse aux épidémies, notamment avec Ebola en Guinée, la fièvre de la vallée du Rift au Niger, la fièvre de Lassa au Togo et la dengue au Burkina Faso.


    ALIMA travaille dans l’état de Borno au nord-est du Nigéria depuis juillet 2016, où nos équipes étaient les premières à apporter des soins médico-nutritionnels aux personnes déplacées internes et les populations hôtes de Monguno. Depuis lors, le programme s’est développé et inclut l’ouverture d’une clinique près du camp de déplacés internes à Muna, dans la banlieue de Maiduguri, qui prodigue des soins de santé primaires aux enfants de moins de cinq ans, et le traitement des cas de malnutrition sévère dans l’unité nutritionnelle thérapeutique du centre hospitalier universitaire de Maiduguri.


    En 2017, au Nigéria, nos équipes ont réalisé près de 50 000 consultations pédiatriques, traité plus de 10 000 enfants pour malnutrition aiguë sévère, et aidé 2 500 femmes à accoucher. En Août 2017, ALIMA a répondu à une épidémie de choléra dans l’état de Borno qui a affecté plus de 5000 personnes.


    La fièvre de Lassa


    La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique virale aiguë qui se transmet aux humains via l’urine ou les déjections infectées de rat Mastomys. La transmission d’homme à homme est également possible, par le contact avec les fluides corporels d’une personne infectée, ce qui place les professionnels de santé dans une situation à haut risque d’infection.


    Les symptômes de la maladie incluent fièvre, diarrhées, vomissements, douleurs abdominales, maux de gorge et hémorragies. Sans réel diagnostic et traitement, le taux de mortalité de la fièvre de Lassa peut atteindre 30 à 50% pendant une épidémie. Les cas sont mieux pris en charge lorsque les patients sont placés dans des unités d’isolation et traités avec un médicament, la ribavirine.




    Photo d'illustration : Sophie Garcia / ALIMA

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