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    Urgence humanitaire au Sahel : ALIMA renforce son mécanisme de réponse rapide médicale

    Urgence humanitaire au Sahel : ALIMA renforce son mécanisme de réponse rapide médicale

    Urgence humanitaire au Sahel : ALIMA renforce son mécanisme de réponse rapide médicale
    Les déplacements massifs de population, la multiplication des attaques armées et l’insécurité alimentaire ont créé une situation d’urgence humanitaire dans la zone des trois frontières (Burkina Faso, Mali et Niger). Pour faire face à l’augmentation continue des besoins, ALIMA (The Alliance for International Medical Action) renforce son mécanisme de réponse rapide (Rapid Response Mechanism, RRM), visant à assurer l’accès aux soins médico-nutritionnels des populations les plus vulnérables dans un contexte marqué par une dégradation ou un retrait des services publics essentiels.

    ALIMA, une alliance de médecins africains qui transforment la médecine humanitaire, a mis en place un dispositif d’intervention basé sur un système d’alerte précoce permettant une veille humanitaire sur la zone des trois frontières, où 5 millions de personnes vivent actuellement en situation de fragilité et ont besoin d’une aide humanitaire. Depuis mai 2018, 360 lanceurs d’alertes ont été formés afin de pouvoir remonter les informations sur des situations de souffrance et d’urgence médico-nutritionnelle du terrain à des coordinateurs locaux. En cas d’alerte, ce dispositif permet de dépêcher une équipe en 72 heures pour évaluer la situation et intervenir si besoin. En cas d’alerte confirmée, des cliniques mobiles d’ALIMA  sont déployées très rapidement.

    Le défi de l’accès aux populations

    « Dans un camp de déplacés, le déclenchement d’une épidémie peut être très rapide et la situation sanitaire se détériorer très vite, déclare le Dr. Kinda Moumouni, directeur des opérations ALIMA. Ce dispositif nous permet de  gagner un temps précieux et d’aller soigner des patients là où personne ne va. ALIMA intervient en partenariat avec les ONG locales partenaires : l’Alliance Médicale Contre le Paludisme-Santé Population (AMCP-SP, Mali), Bien-Être de la Femme et de l’Enfant (BEFEN, Niger), KEOOGO et SOS Médecins (Burkina Faso). Ce modèle, qui a fait ses preuves, est extrêmement performant. Il permet de prendre en charge les urgences dans un contexte où l’accès est difficile. Les ONG nationales partenaires sont à la fois acteurs de la mise en œuvre et bénéficiaires du renforcement des capacités rendu possible par le RRM ».

    Depuis le début du projet RRM régional, 69 alertes ont été traitées par nos équipes, et 20 interventions en faveur des populations de la zone des trois frontières ont été réalisées. 15 500 personnes ont ainsi bénéficié d’une aide humanitaire médico-nutritionnelle. Ces interventions permettent de soigner les urgences médicales et de vacciner les enfants contre la rougeole, la diphtérie, et d’autres maladies infectieuses. Les équipes ALIMA forment également les mères d’enfants de moins de cinq ans au dépistage de la malnutrition aiguë grâce au ruban PB, qui permet une détection précoce par la mesure du périmètre brachial. Au total, 25 000 actes de consultations et de vaccinations ont été effectués. 

    Une crise humanitaire sous-financée qui touche toutes les populations du Sahel

    La crise au Sahel a forcé des millions de personnes à quitter leur foyer. Privées de moyens de subsistance et d’accès aux structures de soins, ces réfugiés et déplacés sont extrêmement vulnérables. Si l’accès aux populations du fait de l’insécurité reste le principal défi opérationnel, le sujet du financement constitue aujourd’hui un enjeu majeur. 

    « Les besoins humanitaires augmentent alors que les ressources demeurent insuffisantes, s’inquiète le Dr. Oumarou Maidadji, coordinateur général de BEFEN, partenaire d’ALIMA au Niger. Nous avons besoin de plus de soutien financier afin de pouvoir accompagner des initiatives opérationnelles comme le RRM. Ces fonds doivent nous permettre de mieux lutter contre la surmortalité liée à la malnutrition aiguë et aux maladies pédiatriques au Sahel. Nous déplorons la baisse des financements pour la lutte contre la malnutrition. La montée de l’insécurité au Sahel impacte lourdement les populations de la région qui voient diminuer concomitamment les financements humanitaires et les dépenses publiques en santé pour financer les dépenses de sécurité ». 

    ALIMA exhorte toutes les parties prenantes (autorités nationales et locales, ONG, donateurs) à répondre à la détérioration de la situation humanitaire qui affecte l'ensemble de la région du Sahel avec des ressources financières à la hauteur des besoins urgents. La mobilisation face aux conséquences humanitaires de la crise sécuritaire ne saurait se faire au détriment de la crise médico-nutritionnelle chronique dans ces trois pays, où en 2019 plus de 660 000 enfants souffrent de la forme la plus mortelle de malnutrition (malnutrition aiguë sévère) selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). ALIMA prévient également que la volonté d'imposer le "triple Nexus", une approche qui tente d'intégrer aide d’urgence, développement et sécurité, peut provoquer une confusion entre agendas militaires et humanitaires et mettre en péril l'assistance aux populations vulnérables. 

    A propos du projet RRM

    Lancé depuis mai 2018 grâce au soutien financier initial de la Direction générale pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire européenne de la Commission européenne (DG – ECHO), le projet  RRM régional vient de recevoir le soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates. Ce soutien financier s’ajoute à celui des partenaires d’ALIMA sur cette initiative : United States Agency for International Development (USAID) et le Ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères - Centre de crise et de soutien (CDCS). 

    *Photo: Mamadou Diop / ALIMA

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