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    Ebola en RDC - Six mois plus tard, ce qui a été fait et ce qu'il reste à faire

    Ebola en RDC - Six mois plus tard, ce qui a été fait et ce qu'il reste à faire

    Ebola en RDC - Six mois plus tard, ce qui a été fait et ce qu'il reste à faire
    Il y a six mois, une épidémie du virus Ebola se déclarait dans les provinces du nord-Kivu et de l’Ituri en République démocratique du Congo (RDC). L’épidémie toujours en cours constitue désormais la deuxième plus importante jamais enregistrée. Heureusement, de nombreuses leçons ont été tirées des épidémies antérieures, et grâce à des innovations comme le CUBE d'ALIMA, un nouveau vaccin et des traitements en usage compassionnel, les équipes médicales ont été en mesure cette fois-ci d’augmenter le taux de survie.

    Anthony Bonhommeau, Responsable du Développement Opérationnel d'ALIMA, qui a supervisé l'intervention d'urgence à Béni, en RDC, revient sur les succès des six derniers mois et les défis qui demeurent.

    "Le premier défi au nord-Kivu a été de déployer une équipe d'évaluation le plus rapidement possible, car tenter d’arrêter la propagation d'une épidémie d'Ebola représente une véritable course contre la montre. Ce n'est pas une mince affaire en général, et au nord-Kivu plus particulièrement. Compte tenu du contexte d'insécurité réel et complexe latent et d’une région faisant face à une épidémie confirmée d’Ebola pour la première fois, c'était encore plus difficile. L'accès à certaines zones était limité et il y avait des réticences et des craintes de la part de certaines communautés, en raison d'un manque d'information. Notre équipe devait donc non seulement intervenir dans le contexte d'une épidémie d’Ebola, mais aussi dans un contexte d'attaques fréquentes par des groupes rebelles armés.  

    Cependant, grâce à l'expérience d'ALIMA dans la riposte aux fièvres hémorragiques en RDC, en Guinée et ailleurs, dans les 48 heures qui ont suivi la confirmation du premier cas, le 1er août 2018, les mesures nécessaires ont été prises, avec nos partenaires, pour lancer une riposte d'urgence dans la ville de Béni. Il s'agissait notamment de mettre en place les ressources humaines, logistiques et pharmaceutiques nécessaires à l'ouverture d'un centre de traitement et à la prise en charge des patients.  

    L'initiative visant à changer la gestion et l'organisation du protocole de traitement, plus spécifiquement avec l'intégration des CUBE innovants d'ALIMA (Chambre d’Urgence Biosécurisée pour Épidémies), a permis aux équipes médicales d'améliorer la prise en charge. Parmi de nombreux autres avantages, le CUBE garantit en outre une surveillance plus réactive des patients et rend possible des visites des proches interactives et réconfortantes.

    C'était la première fois que le CUBE était utilisé pour traiter des patients confirmés atteints d'Ebola, et son intégration au dispositif de riposte n'a pas été sans causer certaines difficultés techniques et logistiques. Cependant, la possibilité d'un suivi permanent du patient dans un CUBE a permis par exemple d'anticiper et de gérer des procédures de soins intensifs qui n'auraient jamais pu être envisagées auparavant. Si nos équipes cherchent toujours à améliorer cette innovation, parallèlement d’autres partenaires s'intéressent déjà à la reproduire.

    D'autres nouveaux outils biomédicaux ont également été intégrés lors de cette riposte, tels que l'échographe portable pour les femmes enceintes. La gestion des données a été améliorée grâce à de nouvelles méthodes de collecte, standardisées avec d'autres partenaires, fournissant ainsi des informations plus précises tout au long de l'hospitalisation d'un patient. De telles analyses biomédicales pourront de plus participer à améliorer les pratiques cliniques à l'avenir.

    L'intégration des thérapies à usage compassionnel et le lancement de l'essai clinique randomisé pour évaluer l'innocuité et l'efficacité de ces thérapies ont été l'un des principaux défis de cette intervention, en grande partie en raison du contexte sécuritaire et des ressources médicales limitées dans ce pays. Mais d'après les observations globales, il semblerait que cela ait eu un impact positif sur la prise en charge des cas. Dans le centre de traitement de Béni, par exemple, le taux de mortalité est passé d'environ 65 % en août à 30 % en décembre. Le défi consiste maintenant à respecter les exigences du déroulement du protocole jusqu'à la fin.

    Du point de vue de la riposte dans son ensemble et du rôle des soins fournis, de nombreux autres défis subsistent, notamment la nécessité de pouvoir déployer les soins plus rapidement qu'auparavant afin de sauver davantage de vies dès le début de l'épidémie. Le soutien psychosocial, rendu possible en grande partie par l'utilisation du CUBE, a également considérablement progressé, mais doit désormais être documenté, car des progrès importants ont été réalisés en la matière. Nous devons également documenter les cas guéris chez les enfants - qui ont été parmi les plus touchés durant cette épidémie - en particulier en ce qui concerne l'utilisation des thérapies.  

    Enfin, il est nécessaire de continuer à faire du renforcement de capacité , à transmettre les compétences acquises au personnel de santé local de la RDC, de continuer à assurer la sécurité du personnel en poste au centre de traitement, tout en améliorant la riposte dans son ensemble et en étant en mesure de poursuivre notre travail dans ce contexte de sécurité volatile. Ensemble, j'espère que nous serons bientôt en mesure de mettre fin à cette épidémie."

    *Photo: Alexis Huguet / ALIMA

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