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  • Comment sauver davantage d'enfants malnutris?

    Une nouvelle étude, co-écrite par ALIMA et l’Université de Copenhague (UCPH) publiée le 7 janvier 2016 par l’American Journal of Clinical Nutrition, montre que la taille d’un enfant ne doit plus être considéré comme un critère de mesure du périmètre brachial dans le diagnostic de la malnutrition aigüe.

    Les résultats devraient mener à une augmentation significative du nombre d’enfants malnutris bénéficiant d’une prise en charge médicale.

    Le périmètre brachial, outil de diagnostic de la malnutrition

    La malnutrition peut être diagnostiquée en mesurant le périmètre brachial (PB) qui reflète la masse musculaire de l’enfant. Les enfants ayant un faible périmètre brachial présentent un risque de mortalité élevé et doivent être soignés par des aliments nutritionnels thérapeutiques.

    L’utilisation du périmètre brachial pour identifier les enfants nécessitant une prise en charge thérapeutique est aujourd’hui limitée à ceux dont la taille est supérieure à 67 cm. Pour les enfants dont la taille est inférieure à 67 cm, la mesure du PB n’est pas considérait comme un critère valable. Ces enfants souffriraient d’un retard de croissance, c’est à dire d’une malnutrition chronique, et par conséquent ne bénéficient pas d’une prise en charge thérapeutique.

    Dans la plupart des pays d’Afrique occidentale et centrale, où le taux de malnutrition aigüe est l’un des plus élevés au monde, cette procédure d’admission par le PB est le protocole appliqué dans le traitement de la malnutrition.

    La taille ne doit plus constituer un critère d'admission par PB

    Dans le cadre d’un appel à projet de recherche lancé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ALIMA et l’Université de Copenhague (UCPH) se sont associées pour analyser l’efficacité d’une prise en charge thérapeutique chez les enfants malnutris, indifféremment de leur taille. Cette étude observationnelle s’est déroulée dans le cadre du projet TreatFOOD, mené depuis 2013 au Burkina Faso, dont l’objectif global est d’améliorer les traitements pour les enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée (MAM).

    « Nous n’avons trouvé aucune différence entre les taux de croissance des enfants, que leurs tailles se situent au dessus ou en dessous du seuil standard » a déclaré le principal auteur de l’étude, Christian Fabiansen, du Département Nutrition et Sports de l’Université de Copenhague. « En d’autres termes, la taille ne doit plus constituer un critère lorsqu’on admet un enfant pour des soins thérapeutiques sur la base de son périmètre brachial ».

    Augmenter le nombre d'enfants bénéficiaires de soins thérapeutiques contre la malnutrition

    « Utiliser un critère de taille pour restreindre les admissions au PB exclut systématiquement des enfants atteints d’un retard de croissance qui, sans prise en charge, présentent un risque mortalité élevé » a déclaré le Dr Susan Shepherd, Directrice du département de Recherche médicale opérationnelle à ALIMA. « Mettre fin à cette pratique peut permettre de sauver davantage de vies et d’éliminer une étape inutile du processus d’admission » a-t-elle ajouté.

    Pour le Professeur André Briend de UCPH et du Département de Santé Internationale de l’Ecole de Médecine de l’Université de Tampere, l’étude a le potentiel de sauver des milliers de vies en encourageant à inclure dans les programmes de traitement de la malnutrition ces enfants extrêmement vulnérables, de petites taille et à faible périmètre brachial. Le Dr Shepherd a invité l’OMS, l’UNICEF et les ministères de la santé à prendre en compte les résultats de l’étude afin d’adapter les politiques nationales.



    Lire la publication « Short children with a low midupper arm circumference respond to food supplementation », C. Fabiansen, K.PQ Phelan, B. Cichon, C. Ritz, A.Briend, K.F Michaelsen, H. Friis, S. Shepherd, American journal of Clinical Nutrition, Janvier 2016
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