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    Blog du terrain: « En RDC, on se remonte les manches pour sauver les patients atteints d'Ebola »

    Blog du terrain: « En RDC, on se remonte les manches pour sauver les patients atteints d'Ebola »

    Blog du terrain: « En RDC, on se remonte les manches pour sauver les patients atteints d'Ebola »
    Admiration. Joie. Peur. Tristesse. Fierté. Les émotions se sont multipliées lors de cette semaine que j’ai passée avec l’équipe du centre de traitement Ebola d’ALIMA à Béni, en République Démocratique du Congo.

    Mon nom est Anne-Gaëlle Borg et je travaille pour ALIMA depuis deux ans. Ce mois de septembre 2018, c’était la première fois que j’allais en République Démocratique du Congo. Un appui à l’équipe d’urgence Ebola, en tant que chargée de communication. Pour gérer les journalistes, et pour interviewer les équipes.

    « Je me suis sentie toute petite »

    Le jour où je suis arrivée à Béni, j’avais hâte de visiter le centre de traitement Ebola, avec ces fameux CUBES dont j’entends parler depuis des mois. Le CUBE, chambre d'urgence biosécurisée pour les épidémies, est une innovation d'ALIMA. Contrairement aux centres de traitements construits lors des épidémies précédentes, le CUBE permet aux patients d'être soignés à travers les parois transparentes du CUBE, ce qui réduit le risque de transmission de la maladie aux soignants. Le CUBE permet également aux proches des patients de rester auprès d'eux, de les voir et de leur parler pendant leur traitement.

    La visite était très intéressante : on m’a expliqué le circuit des patients.  J'ai pu voir comment les patients sont soignés à l'intérieur du CUBE, et j'ai observé les interactions entre les patients et leurs familles. L’équipe m’a parue soudée et accueillante. Je me suis sentie toute petite auprès de ces personnes qui ont déjà guéri 5 malades d’Ebola avant mon arrivée. 


    Le troisième jour, alors que j’accompagnais des journalistes américains qui filmaient le centre de traitement, nous avons reçu les résultats des examens de laboratoire d’une de nos patientes. Résultats négatifs. La patiente était guérie. Tout le monde était heureux sous la tente médicale. La psychologue a annoncé la bonne nouvelle à la patiente, qui était pleine de joie suite à cette nouvelle.

    « Un moment de joie, authentique et sincère »

    Quelques dizaines de minutes plus tard, nous avons formé une haie d’honneur pour applaudir la sortie de la patiente guérie. C’était le plus beau moment auquel j’ai eu la chance d’assister depuis que je travaille pour ALIMA. Infirmiers, hygiénistes, médecins, logisticiens : tous les membres de l’équipe applaudissaient, chantaient, ou levaient les mains en l’air en signe de triomphe. Un moment de joie, authentique et sincère. La patiente était radieuse, encadrée par deux des docteurs qui l’ont soignée pendant les 22 jours qu’elle a passés au centre de traitement. Je garderai cette image en mémoire pendant longtemps. Les jours se sont succédé et j’ai continué mes activités. 

     «Ça crépite sur la route »

     Le samedi soir, alors que j’étais au téléphone avec un journaliste, la coordinatrice d’urgence m’a fait des grands gestes. J’ai raccroché et elle m’a dit ces deux phrases ça crépite sur la route. On rentre tous à la base. » Nous avons vite pris la route pour nous mettre en sécurité. La nuit était déjà tombée, et les bruits de la rue se sont tus peu à peu. Il ne restait plus que le bruit des tirs des rebelles et de l’armée. J’étais avec un petit groupe de collègues. Nous avons discuté et écouté de la musique pour ne pas montrer que nous avions peur. Mais quand nos téléphones recevaient de nouveaux messages de nos collègues congolais, nous arrêtions tout pour nous assurer que les nouvelles étaient bonnes.  

    Au réveil, on nous a annoncé le triste bilan : l’attaque de la veille a fait une vingtaine de morts, dont une grande majorité de civils. J’ai aperçu des larmes dans les yeux de mes collègues. C’est vraiment triste de se dire que même lorsque l’on aura vaincu l’épidémie d’Ebola, les habitants de Beni continueront de perdre leurs frères et leurs sœurs, juste parce qu’ils étaient au mauvais moment au mauvais endroit. 

    « Se remonter les manches pour sauver les patients »

    Il me restait trois jours à passer à Beni. J’ai continué à travailler, en prenant un peu plus de précautions. Les équipes du centre de traitement Ebola ont continué à travailler aussi, pour que les malades aient accès à des soins, sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sur les visages, la tristesse a laissé place à la détermination. Se remonter les manches, se concentrer pour sauver les patients. Et les résultats sont plutôt positifs en ce moment. Quelques heures après que j’ai quitté Beni, deux patients de plus ont été déclarés guéris. Cette nouvelle m’a procuré de la joie et m’a rendue fière. Fière d’avoir côtoyé ceux qui ont sauvé ces malades. Fière de pouvoir les appeler mes collègues. Fière de travailler pour ALIMA.

    *Photo: Anne-Gaelle Borg / ALIMA

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